Les médecins et les infirmiers du travail unissent leurs forces

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Réforme de la surveillance périodique de la santé

L’adaptation du code du bien-être au travail relative à la surveillance de la santé des travailleurs est parue au Moniteur belge. Le médecin du travail a désormais davantage l’occasion de consacrer de l’attention aux travailleurs présentant des problèmes de santé. Le rôle des infirmiers du travail gagne également en importance, ce qui permet d’améliorer encore la prévention.

Le Conseil supérieur pour la prévention et la protection au travail a estimé qu’il était préférable de revoir les tâches des médecins et infirmiers du travail. Grâce à cette adaptation, le médecin du travail a désormais davantage de temps pour la réalisation des examens non périodiques et pour jouer un rôle dans la politique de prévention d’une entreprise.

Irréaliste

Jusqu’à il y a peu, la loi prescrivait que la plupart des travailleurs exposés à des risques spécifiques pour la santé, ou qui occupaient un poste de sécurité ou un poste de vigilance, devaient être examinés au moins une fois par an par le conseiller en prévention-médecin du travail. Ces dernières années, parmi le million et demi de travailleurs ayant droit à un examen annuel en Belgique, seuls 82 % ont pu réellement aller en consultation. En raison de la pénurie de médecins du travail (ils étaient encore 940 en 2012, comparé à 877 en 2017), la situation était devenue insoutenable. L’association professionnelle des médecins du travail, les syndicats, CO-PREV, les employeurs et le cabinet du ministre Kris Peeters ont dès lors entamé des négociations en vue de réformer le système de surveillance de la santé périodique.

Une valeur ajoutée pour tous

Chris Verbeek, directrice de la Prévention médicale chez IDEWE, explique : « L’examen périodique annuel sera désormais réalisé tous les deux ans pour la plupart des risques pour la santé. Au cours des années sans examen périodique, des actes médicaux complémentaires seront réalisés. Le médecin du travail ou un infirmier pourra s’en charger. Si l’acte est réalisé par un infirmier, un médecin du travail assure la supervision. »

« IDEWE applique cette méthode depuis déjà 2010 dans plusieurs entreprises pilotes. Ce nouvel arrêté royal implique pour nous de poursuivre sur la voie empruntée, en créant une valeur ajoutée pour les travailleurs et les employeurs. Nous parvenons ainsi à augmenter la valeur des tâches des infirmiers, ce qui donne par conséquent aux médecins du travail davantage de temps pour réaliser des examens spéciaux dans le cadre d’une entrée en service, de la protection de la maternité, de la réintégration ou des examens à la demande de l’employeur ou encore des consultations spontanées. »

Actes médicaux complémentaires

Les actes médicaux complémentaires sont des tests simples basés sur le risque professionnel spécifique auquel sont exposés les travailleurs. Ils peuvent consister en un examen sanguin, en une analyse des urines, en des examens techniques (fonction pulmonaire, audiométrie, etc.) ou en d’autres tests qui garantissent un niveau de protection similaire et qui sont motivés par le médecin du travail.

« IDEWE a développé plusieurs scénarios à cet effet en fonction des risques pour la santé auxquels sont exposés les travailleurs. Nous mettons également à disposition des listes de contrôle et des questionnaires qui évaluent entre autres le fonctionnement psychosocial du travailleur. Même si le travailleur peut les compléter en ligne, un contact personnel en face à face avec le médecin ou l’infirmier du travail sera toujours obligatoire. De la sorte, nous pouvons vérifier par exemple si le travailleur a bien compris les questions. »

Exceptions

Lorsque le médecin constate un résultat inhabituel sur la base des actes médicaux complémentaires, il peut être dérogé à la périodicité de l’évaluation de santé. Ce changement peut concerner un travailleur individuel ou tous les travailleurs exposés au même risque ou occupant la même fonction.

En outre, les travailleurs doivent être informés du fait qu’ils peuvent demander spontanément un rendez-vous spontané au médecin du travail en plus de la surveillance de la santé habituelle. Ils doivent ainsi avoir facilement accès à cette possibilité.

Si vous souhaitez obtenir de plus amples informations au sujet des nouvelles dispositions, n’hésitez pas à prendre contact avec nos experts.