Travailler dans la chaleur

- Environnement de travail sain

Travailler dans la chaleur

Chaque été, les mêmes questions reviennent en ce qui concerne le travail dans la chaleur. À partir de quelle température un collaborateur est-il autorisé à ne plus travailler ? Et que doit faire un employeur en cas de forte chaleur ?

Chaque employeur est tenu de prendre les précautions nécessaires pour garantir le bien-être de ses travailleurs lors de l’exécution de leurs tâches quotidiennes. Ceci requiert de réaliser une analyse de risques et de prendre des mesures adaptées sur la base des résultats obtenus.

Mettre l’accent sur l’analyse de risques

Dans le cadre de l’analyse de risques, il doit être tenu compte des différents facteurs qui jouent un rôle dans les ambiances thermiques :

  • la température de l'air et le rayonnement thermique ;
  • l'humidité relative de l'air ;
  • la vitesse de l'air ;
  • la charge de travail physique et les vêtements de travail, y compris les équipements de protection individuelle (EPI) ;
  • les méthodes de travail et les équipements de travail utilisés.

En fonction des résultats de l'analyse de risques, l'employeur prend les mesures de prévention appropriées. Dans ce cadre, il est tenu compte de valeurs d’action, qui dépendent de la charge de travail physique, exprimée en watts.

Températures minimum et maximum

La température de l'air (°C) est stipulée pour les environnements froids. Pour les environnements chauds, c'est l'indice Wet Bulb Globe Température (WBGT) qui est d'application. Cet indice tient compte non seulement de la température, mais également du taux d’humidité, du rayonnement thermique et de la vitesse de l’air. C’est ainsi que la température de l’air peut atteindre 40 °C, alors que l’indice WBGT ne s’élève qu’à 25.

La température peut être trop élevée en raison du climat, mais une telle chaleur entraîne rarement un dépassement des valeurs maximales dans notre pays. Les causes peuvent également être d’ordre technologique, c’est-à-dire que la chaleur est émise par des machines, des lampes, des fours, etc.

Valeurs d'action pour l'exposition à la CHALEUR :

Charge physique de travail

Indice WBGT

Légère ou très légère (jusqu’à 234 watts)

29

Moyenne (235 - 360 watts)

26

Lourde (361 - 468 watts)

22

Très lourde (< 468 watts)

18

 

Valeurs d'action pour l'exposition au FROID :

Charge physique de travail

Température minimum de l'air

Très légère (< 117 watts)

18°C

Légère (117 - 234 watts)

16°C

Moyenne (235 - 360 watts)

14°C

Lourde (361 - 468 watts)

12°C

Très lourde (< 468 watts)

10°C

 

Avertissement : il n’existe aucune valeur d’action pour ce qui est des différences de température. Pour les personnes qui travaillent dans des frigos ou des chambres froides, l’écart avec la température ambiante est bien entendu plus important durant les mois d’été. Bien que cette transition soit inconfortable d’un point de vue physique, elle ne comporte aucun risque spécifique pour la santé.

 

Mesures à prendre en cas de dépassement de la température maximum

Il s’indique que toute entreprise établisse au préalable une politique détaillée à cet égard. Cette politique concerne :

  • le choix et l’utilisation d’équipements de protection collective et individuelle ;
  • l’application des temps de repos ;
  • l’utilisation des locaux de détente ;
  • la mise à disposition de boissons rafraîchissantes adaptées.

 

Éviter les risques et les contrer à la source :

  • peindre les surfaces extérieures en blanc de manière à refléter les rayons du soleil
  • prévoir l’isolation thermique des murs et des toits
  • assurer la bonne orientation des locaux
  • installer des protections solaires aux fenêtres


Protection collective :

  • machines : isoler les éléments chauds, prévoir une ventilation, placer un écran entre la source de chaleur et le poste de travail, etc.
  • locaux : contrôler le taux d'humidité de l’air, installer un système de conditionnement de l’air, de ventilation, etc.
  • installer un auvent pour protéger contre les rayons directs du soleil
  • arroser les toits


Réduction des risques, amélioration des conditions :

Travailleurs et comportement :

  • s’hydrater régulièrement
  • prendre des repas légers

Équipement : réduire la charge de travail en utilisant les dispositifs d’aide

Environnement : prévoir un système de ventilation supplémentaire

Organisation du travail :

  • automatiser certains processus
  • marquer des pauses
  • exécuter les tâches plus pénibles lorsqu’il fait moins chaud
  • adapter son horaire
  • mettre des boissons fraîches à disposition

Protection individuelle :

  • adapter sa tenue
  • porter un couvre-chef pour se protéger contre les rayons directs du soleil
  • prévoir des vêtements spéciaux : antithermiques, ventilés, etc.

Informations, formation, avertissement : informer les travailleurs sur la politique menée et les procédures mises en place

Mesures de soins : prévoir de la crème hydratante (après-soleil)

Que dit la loi ?

La loi sur le bien-être porte notamment sur la protection contre les agents physiques, tels que la chaleur. Il existe également une législation sur le travail dans la chaleur (code du bien-être au travail, livre V, titre 1), accordant une attention particulière au confort des travailleurs.

S’agissant du travail dans la chaleur, les prescriptions et usages courants décrits dans la norme NBN EN ISO 7330 sont d'application. Cette norme fournit plusieurs éléments pratiques permettant d’évaluer le confort thermique local et global. Il en est explicitement fait mention dans le code du bien-être au travail, ce qui la rend contraignante.

Pour tout complément d’information ainsi que pour obtenir des conseils, n’hésitez pas à contacter votre bureau régional.