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« Les purificateurs d’air ne sont pas une solution de facilité »

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Expert Jan Van Bouwel

Responsable de la discipline Hygiène du travail

D’abord prévoir une ventilation de base puis éventuellement ajouter une purification de l’air

« Récemment, la purification de l’air a souvent été présentée comme une alternative plus simple et moins chère à la ventilation, ce qui n’est pas tout à fait correct », déclare Jan Van Bouwel, responsable de la discipline Hygiène du travail chez IDEWE. « La purification de l’air fonctionne et offre assurément des possibilités dans la lutte contre la pandémie actuelle de coronavirus, mais une ventilation de base est toujours nécessaire. »

luchtreiniging

De nombreux purificateurs d’air ont fait l’objet de publicité récemment, mais en réalité, beaucoup n’ont pas la capacité promise. « Le tout est donc de sélectionner les bons purificateurs d’air, suffisamment puissants, qui fonctionnent à un niveau sonore acceptable », explique Jan Van Bouwel. « Ils doivent pouvoir filtrer au moins 6 à 12 fois par heure le volume de la pièce dans laquelle ils sont installés et disposer d’une couverture suffisante sur l’ensemble de la pièce. À court terme, ils peuvent apporter une valeur ajoutée pour la prévention des contaminations au coronavirus dans les pièces où la ventilation est insuffisante et où elle ne peut être assurée qu’à plus long terme, ou lorsqu’elle n’est pas possible pour des raisons techniques. Dans des salles de classe par exemple. À plus long terme, la purification de l’air constitue surtout un complément intéressant à la ventilation. »

Code du bien-être au travail

Il s’agit également de la philosophie du code du bien-être au travail. « Au-delà du coronavirus, le code du bien-être au travail oblige l’employeur à prévoir une ventilation mécanique ou naturelle, de sorte à ne jamais dépasser 900 ppm de CO2 dans les lieux de travail. Dans un bâtiment à faibles émissions, où les matériaux de construction utilisés ne répandent pas de substances nocives, vous pouvez aller jusqu’à 1200 ppm. Ceux qui ne peuvent s’y conformer doivent établir un plan par étapes et prévoir des mesures provisoires. Un purificateur d’air suffisamment puissant peut éventuellement permettre de respecter les règles d’un bâtiment à faibles émissions et donc de réduire la ventilation nécessaire. »

Plan de mise en oeuvre

En d’autres termes, la ventilation de base n’est pas négociable. Lorsque, au début de la pandémie, il est apparu que le coronavirus se propageait facilement dans l’air, le gouvernement a mis en place une Taskforce Ventilation, qui a approfondi la question dans un plan de mise en œuvre.

« Il stipule que le système de ventilation mécanique d’une pièce dans laquelle des personnes effectuent un travail léger en position assise doit être capable de fournir un débit d’air frais de 40 m3/heure/personne afin de rester sous le seuil de 900 ppm de CO2. Si un travail plus lourd est réalisé, le débit doit être plus élevé. S’il n’y a pas de ventilation mécanique, vous pouvez essayer de respecter la norme de ventilation en ouvrant les fenêtres et les portes, puis en utilisant des mesures de CO2 pour vérifier que vous ne dépassez pas la norme. »

Solutions à court et à long terme

S’il n’est pas possible de rester en dessous de 900 ppm de CO2, le plan de mise en œuvre indique que vous devez prendre des mesures supplémentaires. « À ce moment-là, les équipements de purification de l’air sont vraiment intéressants », affirme Jan Van Bouwel. « Ces appareils peuvent être utilisés pour purifier la partie de l’air de certains composants nocifs qui ne peut être renouvelée par ventilation. Les purificateurs éliminent les substances et les bioaérosols de l’air, y compris les particules de virus, et éventuellement aussi les composés organiques volatils (COV), selon la technologie utilisée. Dans ce cas, la ventilation doit limiter la concentration de CO2 à 1200 ppm au lieu de 900 ppm et 15m3 d’air/heure/personne de ventilation peuvent être remplacés par une quantité équivalente de débit d’air pur (CADR - clear air deliverance rate). »

L’installation d’une ventilation mécanique implique évidemment un coût d’investissement plus élevé et nécessite parfois une rénovation complète de l’ensemble du bâtiment. Pour certains secteurs, cela signifie une planification à long terme. La purification de l’air peut fournir des solutions à court terme pour mettre en œuvre rapidement des mesures de réduction des risques en prévision de ces investissements à long terme.

Spécifications en pratique

Le problème est le peu d’études solides évaluant l’effet des dispositifs de purification de l’air. C’est pourquoi le gouvernement, en plus d’interdire l’émission de substances nocives, a obligé les vendeurs à enregistrer leurs appareils par le biais d’un décret ministériel. Cela permet d’intenter une action en justice s’il s’avère ultérieurement que les spécifications ne correspondent pas aux performances dans la pratique. 

« Un certain nombre d’appareils figurant sur cette liste s’avèrent désormais capables, au mieux, de faire la différence dans un rayon de 2 mètres autour de l’appareil. Certains sont également très bruyants s’ils génèrent un débit suffisant. Ils sont rarement utiles dans un environnement de travail. Il importe donc de choisir des dispositifs dont le fonctionnement a été prouvé et dont les performances annoncées sont correctes. »

Conclusion

  1. Les purificateurs d’air ne sont pas une solution de facilité, ils font partie des mesures possibles pour améliorer la qualité de l’air et, à long terme, ils ne peuvent être utilisés qu’en combinaison avec un système de ventilation de base répondant aux exigences du code du bien-être au travail. 
  2. Les purificateurs d’air suffisamment puissants peuvent représenter une solution temporaire dans les endroits où la ventilation mécanique ne peut être assurée qu’à plus long terme ou lorsque la ventilation mécanique existante n’est pas suffisamment puissante. Ils peuvent également être utiles dans des endroits difficiles à ventiler pour des raisons techniques.  
  3. Cependant, il existe également des solutions de ventilation dont les coûts d’installation sont relativement faibles et dont l’installation peut être réalisée assez facilement sans devoir trop casser. L’installation d’unités de ventilation décentralisées par pièce est particulièrement intéressante pour les bâtiments existants, où, souvent, aucune unité de ventilation centrale avec des conduits ne peut être installée. Ici aussi, le niveau de bruit, les coûts d’entretien et la capacité de l’installation sont des éléments importants à prendre en compte lors de l’achat et de l’installation de tels appareils.  

 

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