L’application de crème solaire est toujours de rigueur

- Environnement de travail sain
Eddy Eerdekens

Expert Hilde Vanacker

Responsable de la discipline Médicine du travail

Utilisez de préférence des produits solaires à filtre minéral

Il est recommandé aux personnes travaillant en plein air de se protéger des rayons ultraviolets du soleil. Les vêtements constituent la meilleure protection, mais il est également indispensable d’appliquer de la crème solaire sur les zones de la peau qui ne peuvent pas être couvertes.

Le soleil réchauffe après les longs mois d’hiver, ce qui nous incite à retirer les vêtements superflus. C’est ainsi que l’on voit souvent sur les chantiers extérieurs des ouvriers travailler torse nu par temps chaud. L’exposition aux rayons U.V. invisibles fait toutefois augmenter le risque de cancer de la peau. En votre qualité d’employeur, vous avez tout intérêt à en avertir vos travailleurs. Une étude européenne a démontré que les personnes travaillant plus de cinq ans en plein air ont trois fois plus de risques de développer un cancer de la peau non-mélanome. Cela est dû non seulement au fait qu’ils sont exposés plus souvent au soleil, mais aussi parce que l’on consacre trop peu d’attention à la prévention sur le lieu de travail. Les principales conditions pour parvenir à un changement de comportement sont les suivantes : informer les travailleurs des dangers et leur fournir les moyens se protéger. De plus, une moindre exposition au soleil limite de manière considérable le risque de cancer de la peau.

Filtres chimiques ou filtres minéraux ?

Hilde Vanacker, expert en prévention médicale chez IDEWE, explique : « Il faut faire une distinction entre les crèmes solaires avec filtres chimiques et celles avec filtres minéraux. Les filtres chimiques s’installent dans la peau et y absorbent les rayons ultraviolets. Cela peut engendrer des réactions allergiques. Par ailleurs, une fois libérés dans la nature, ces filtres ont des effets nocifs sur la vie marine. En revanche, les filtres minéraux restent sur la peau et réfléchissent les rayons du soleil, comme de petits miroirs. Ils ne sont pas absorbés par la peau, provoquent moins de réactions cutanées et ne s’infiltrent pas dans le corps et les vaisseaux sanguins. À noter qu’ils laissent souvent un voile blanc sur la peau. »

« La règle numéro 1 reste l’application de crème solaire », insiste Lode Godderis, directeur Knowledge, Information and Research chez IDEWE. Il est néanmoins l’un des auteurs d’un rapport du Conseil supérieur de la santé dans lequel il est conseillé de se montrer parcimonieux avec les cosmétiques. « Suffisamment d’études démontrent que la crème solaire aide à prévenir le cancer de la peau. Toutefois, même si on soupçonne certains ingrédients contenus dans les crèmes solaires à filtres chimiques d’arriver dans les vaisseaux sanguins et d’être nocifs, la balance penche en faveur de tels produits. »

Ne pas reporter

Au mois de mai, l’organisation des dermatologues bénévoles Euromelanoma a lancé une campagne de prévention visant à sensibiliser aux dangers de l’exposition aux rayons du soleil. Non seulement il y a parfois des lacunes en matière de prévention, mais le fait de nier les dangers augmente le risque de cancer de la peau. En effet, après avoir constaté les premiers symptômes, près de la moitié des patients attendent en effet trois à six mois avant d’aller consulter un médecin. Pourtant, en cas de présence d’un mélanome, le risque de décès augmente de 41 % après quatre mois.