Un rétablissement durable grâce au trajet de soins relatif au burn-out

- Stress et burn-out | Réintégration

Expert Lode Godderis

Directeur Knowledge, Information and Research

Une intervention au niveau de l’environnement de travail est essentielle pour une reprise du travail réussie

« La réintégration au travail d’une personne ayant fait un burn-out, sans qu’on ait recherché ou résolu les causes liées au travail, est vouée à l’échec », selon Lode Godderis, directeur du département de recherche d’IDEWE. C’est pourquoi il est ravi de la création d’un trajet de soins par le Centre d’expertise en matière d’incapacité de travail, le Service des indemnités de l’INAMI et le Centre Environnement et Santé de la KU Leuven, qui permet entre autres de déceler plus rapidement les causes liées au travail.

Le burn-out est une affection liée au travail. Pour un nombre croissant de personnes, il est la cause d’une longue incapacité de travail. « Nous constatons aujourd’hui que le traitement du patient est principalement individuel », explique Lode Godderis, qui a participé au développement du trajet de soins en sa qualité de professeur en médecine du travail. « À l’heure actuelle, ce n’est souvent que très tard qu’on réfléchit à la question du travail et du retour au travail, lorsqu’une reprise est déjà possible. Cela peut pourtant prendre des mois. Il est par conséquent souvent trop tard pour pouvoir apporter de réels changements à la cause du burn-out. »

Renvoi à un spécialiste, diagnostic et traitement plus rapides

« Nous sommes partis du principe que tant le diagnostic médical que le diagnostic de la situation de travail peuvent être réalisés plus tôt. En cas d’absence dont on suppose que le burn-out est la cause, le médecin généraliste a la possibilité d’adresser plus rapidement le patient à un psychologue. Le traitement peut ainsi être démarré dans de plus brefs délais. Il est en effet insuffisant de laisser simplement la personne se reposer chez elle. Nous devons plutôt aider le travailleur à retrouver une paix intérieure. »

« Ensuite, nous devons également résoudre les problèmes à la base du burn-out. La situation au travail doit par conséquent aussi être examinée. Dans les deux mois suivant le début de l’incapacité de travail, nous commençons à rechercher les causes du cas de burn-out. Ensuite, nous réfléchissons à la manière dont le problème doit être résolu afin de pouvoir préparer une réintégration réussie. »

Rôle important du médecin du travail et du service externe

Comme c’est déjà le cas pour les trajets de soins destinés aux personnes diabétiques ou ayant une insuffisance rénale chronique, le trajet de soins relatif au burn-out permet une collaboration coordonnée de différentes disciplines.

« Nous savons que les personnes en burn-out sont plus souvent et plus longtemps en incapacité de travail que les autres travailleurs et qu’il est très probable qu’elles ne reprennent jamais le travail. Un meilleur échange d’informations entre les différents professionnels permettra au travailleur de bénéficier d’une assistance dans le cadre de sa reprise du travail ainsi que d’exploiter toutes les possibilités.

Le médecin du travail et le service externe jouent un rôle important. Ils sont en effet très bien placés pour évaluer la situation de travail et préparer la réintégration ou pour apporter une assistance dans ce cadre. Leur contribution est essentielle à un rétablissement durable.

En 2020, le projet pilote sera évalué, et une décision sera prise concernant l’éventuel déploiement du trajet de soins.

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