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La politique de présence au travail fait barrage à l’incapacité de travail de longue durée

- Réintégration

Expert Conseiller en prévention aspects psychosociaux Yolan De Meyer

L’intervention rapide du service externe est également essentielle à une réintégration réussie des travailleurs non soumis à la surveillance de la santé

« Établir une politique de présence au travail en prêtant attention au trajet de réintégration ne constitue pas une exclusivité des secteurs dans lesquels les travailleurs sont soumis à une surveillance de la santé périodique », déclare Godewina Mylle, médecin du travail d’IDEWE. « Pour les employés de bureau également, l’intervention rapide des experts du service externe peut faire la différence pour que l’absentéisme de courte durée ne se transforme pas en incapacité de travail de longue durée. »

Dans les secteurs occupant des travailleurs non soumis à une évaluation de santé périodique, l’urgence de faire appel au médecin du travail, à l’ergonome ou au conseiller en prévention aspects psychosociaux pour faire en sorte que la réintégration des malades de longue durée se passe bien est moindre. Pourquoi ?

« La surveillance de santé est obligatoire pour les travailleurs occupant un poste de sécurité, un poste de vigilance ou chargés de réaliser des activités présentant un risque spécifique », explique Godewina Mylle. « Ces travailleurs entrent dès lors régulièrement en contact avec nous, ce qui crée une relation de confiance, renforcée notamment par la culture d’entreprise. Lorsque les travailleurs s’absentent pour un problème d’ordre médical, nous sommes également sollicités beaucoup plus tôt, en tant que service externe, pour l’élaboration d’un trajet de réintégration. Il ressort d’une étude que la réintégration des malades de longue durée se passe mieux au sein des organisations qui font appel à nous rapidement. »

Travailleurs sur écran

« Les employés de bureau ne sont pas soumis à un examen médical périodique. Ils font tout au plus l’objet d’un suivi dans le cadre du travail sur écran, qui a lieu uniquement tous les cinq ans et ne consiste généralement qu’en un questionnaire numérique, ce qui signifie qu’il n’y a jamais de contact direct. Ils sont donc moins susceptibles de nous contacter dès le début de leur incapacité de longue durée, à moins que les organisations n’appliquent une politique globale de présence au travail, qui accorde non seulement une attention particulière à un mode de vie sain et au bien-être, mais aussi aux possibilités de trajets de réintégration. »

Travail sur mesure

Ce n’est pas parce que les travailleurs ne sont pas soumis à une évaluation de santé périodique que la législation sur la réintégration ne s’applique pas à eux. « Le trajet officiel de réintégration peut être initié aussi bien par le travailleur lui-même que par son médecin traitant, son employeur ou le médecin-conseil. Contrairement aux travailleurs qui font l’objet d’examens médicaux réguliers, ils ne sont pas obligés de se soumettre à un examen de reprise après une incapacité de travail d’au moins quatre semaines consécutives. Ce trajet est destiné à vérifier si la reprise peut avoir lieu, et à quelles conditions. Tout le monde peut demander une visite préalable à la reprise du travail chez le médecin du travail en dehors du cadre du trajet officiel, et ce afin que le médecin puisse sonder comment faciliter la reprise. Il n’est pas nécessaire d’être rétabli à 100 %. En effet, il y a de nombreuses possibilités de reprise, en recommençant à temps partiel, par exemple. Quelle que soit la nature de l’incapacité de travail, le travail a une valeur thérapeutique dans le processus de guérison, et il convient d’en tenir compte. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la réintégration est toujours effectuée sur mesure. »

Créer un environnement sûr

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« Cela démontre l’importance de la politique de présence au travail, quelle que soit l’organisation du travail et la manière dont les travailleurs doivent être suivis sur le plan médical et psychosocial », explique Yolan de Meyer, conseiller en prévention aspects psychosociaux d’IDEWE. « En effet, la politique de réintégration n’est que la pièce finale d’une politique qui place le bien-être et la prévention en son centre et crée un environnement sûr pour permettre un dialogue ouvert entre les travailleurs et leurs supérieurs hiérarchiques. Lorsqu’il est question d’incapacité de travail de longue durée, il est ainsi plus facile de garder le contact et de parler de reprise. Il y aura toujours des travailleurs en incapacité, y compris dans une organisation appliquant une politique active de présence au travail. Par contre, le nombre d’absences de longue durée sera beaucoup plus faible. »

Course aux talents

La manière dont les employeurs gèrent les travailleurs qui sont déclarés inaptes au travail a un impact significatif sur la réputation de l’entreprise. « De ce point de vue, une politique active de présence au travail constitue non seulement une plus-value pour chaque travailleur, mais aussi pour l’organisation, qui gagne ainsi une longueur d’avance dans la course aux talents », affirme Yolan De Meyer. 

Dans le cadre d’une politique de présence au travail et de réintégration, il importe d’accorder de l’importance à la distinction entre médecin du travail, médecin-conseil et médecin-contrôleur.

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