La déconnexion comme partie intégrante d’une politique durable en matière de bien-être

- Mode de vie sain | Stress et burn-out | Équilibre entre vie proffessionnelle et vie privée

Expert Lode Godderis

Directeur Knowledge, Information and Research

Journée sans e-mail : vendredi 30 novembre

Depuis 10 ans, le vendredi sans e-mail est une journée symbolique au cours de laquelle les organisations encouragent leurs collaborateurs à réfléchir à la manière dont ils utilisent les e-mails. L’e-mail cesse d’être un moyen de communication à partir du moment où son utilisation donne le sentiment de ne jamais parvenir à achever ses tâches. Outre les initiatives législatives en matière de « déconnexion », il est temps de changer les mentalités pour que chacun réfléchisse à son utilisation des e-mails et limite ainsi la surinformation et le stress au travail.

Master Your Email, l’organisateur du vendredi sans e-mail, a réalisé au début de cette année une enquête auprès de 525 personnes afin de déterminer à quelle vitesse elles consultaient leurs e-mails de nature professionnelle. Au cours d’une période de six semaines, les travailleurs faisant l’objet de l’étude ont reçu à chaque heure de la journée des e-mails auxquels ils devaient répondre dès qu’ils les avaient lus. Il a été répondu dans la minute à 10,8 % des e-mails envoyés un jour ouvrable après 19h30, à près d’un quart dans les 15 minutes et à 57,0 % encore le soir même. Pendant le week-end également, de nombreux collaborateurs sont restés alertes. Plus de 1 travailleur sur 4 a consulté sa boîte mail sur son smartphone dès le réveil. Seul 1 travailleur sur 3 a attendu le lundi pour rouvrir sa boîte mail professionnelle.

Cercle vicieux

Par conséquent, la fin de la journée de travail ne signifie pas pour autant qu’on a terminé de travailler. La majorité des travailleurs restent connectés à leur travail via leur boîte mail, par peur de manquer quelque chose. Pourtant, le fait de travailler de manière structurelle le soir et le week-end présente plus d’inconvénients que d’avantages.

Lode Godderis, professeur en médecine du travail et directeur de l’information chez IDEWE, explique : « En raison du flux constant de messages, vous avez le sentiment de ne jamais venir à bout de votre liste de tâches. Il vous est également de plus en plus difficile de rester concentré sur ce qui est important. Le traitement de la boîte mail demande énormément d’énergie et occasionne du stress chronique, qui a des effets négatifs sur le cerveau. De plus, vous avez l’impression de perdre le contrôle de votre travail, ce qui vous incite à consulter plus souvent votre boîte mail afin de ne manquer aucune information. C’est un réel cercle vicieux, où la surinformation mène à un excès de stimuli, qui entraîne à son tour une surchauffe du cerveau. »

Droit à la déconnexion

Afin de pouvoir travailler en ayant les idées claires, il est essentiel de pouvoir déconnecter. C’est pourquoi les autorités ont légiféré sur la question par mesure de précaution. La loi du 26 mars 2018 relative au renforcement de la croissance économique et de la cohésion sociale stipule que les comités pour la prévention et la protection au travail doivent se concerter à intervalles réguliers au sujet de la déconnexion du travail et de l’utilisation de moyens de communication digitaux.

Le comité peut formuler des propositions et émettre des avis à l’employeur sur la base de cette concertation. Les accords qui en découlent peuvent être intégrés dans le règlement de travail ou par la conclusion d’une convention collective de travail. Par exemple, un des accords pourrait être le fait que les collaborateurs ne soient pas tenus de répondre aux e-mails ou aux SMS après les heures de travail ou pendant le week-end.

Afin d’assister les organisations dans le cadre de ces discussions, nous avons élaboré une liste de contrôle. Les organisations, les équipes ou les personnes individuelles peuvent l’utiliser comme fil conducteur lors de la discussion au comité.

Vous pouvez télécharger cette liste de contrôle ci-dessous.

Adapté à la charge de travail

Lode Godderis : « Quelle que soit la mesure qui est prise, elle ne peut porter ses fruits que si elle est adaptée à la charge de travail. Tant que la charge de travail est trop élevée, les collaborateurs continueront à communiquer par e-mail, par téléphone ou par WhatsApp après leurs heures de travail. Les mesures en matière de déconnexion doivent dès lors faire partie intégrante d’une politique durable en matière de bien-être, qui rend plus résistants non seulement les collaborateurs mais aussi l’organisation. »

Vous souhaitez que vos collaborateurs se sentent bien au sein de leur organisation pour y faire un travail durable ? Contactez-nous pour obtenir de plus amples informations au sujet de notre approche à 360°.

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