Maintien de l’emploi et accompagnement dans le cadre du retour au travail après un cancer

- Réintégration

Expert Lode Godderis

Directeur Knowledge, Information and Research

Le 4 février : Journée mondiale contre le cancer

L’OMS a proclamé le 4 février comme la Journée mondiale contre le cancer. Chaque année, des milliers de travailleurs et de travailleuses se voient diagnostiquer un cancer. Le doute et l’incertitude qui vont de pair avec une telle annonce, combinés au fait de devoir s’en remettre totalement aux médecins et endurer un processus de guérison long et pénible sont autant d’expériences difficiles à surmonter. Nous sommes hélas tous touchés de près ou de loin par cette maladie. Heureusement, le cancer est diagnostiqué beaucoup plus rapidement de nos jours, et les traitements existants sont aussi plus efficaces. Après leur traitement, la plupart des travailleurs souhaitent reprendre leur activité professionnelle le plus rapidement possible pour retrouver une vie normale. Cette réintégration s’avère néanmoins compliquée.

En plus de poser des problèmes médicaux et psychosociaux, la maladie implique une longue période de convalescence, qui présente également un risque dans le cadre de l’exercice d’une profession. En effet, plus son absence est prolongée, plus un travailleur éprouvera des difficultés à recommencer à travailler. L’empathie que nous témoignons à l’égard des patients atteints du cancer nous pousse en outre à les dissuader de reprendre leur activité.

Reprendre les choses en main

Comme le souligne Lode Godderis, professeur en médecine du travail et directeur du département Knowlegde, Information and Research chez IDEWE, il ressort toutefois de l’enquête menée par la KU Leuven que les patients eux-mêmes souhaitent souvent pouvoir retourner travailler. Nombre d’entre eux veulent tout simplement reprendre le cours normal de leur vie, et le fait de partir travailler le matin signifie que la situation est rentrée dans l’ordre et qu’ils sont de nouveau en mesure de mettre à profit leur expérience et d’approfondir leurs compétences. De plus, l’exercice d’une activité professionnelle implique de faire partie d’un réseau social stimulant. Contrairement à ce que beaucoup pensent, les défis aident à se sentir utile. Au travail, les autres comptent sur nous et sur notre capacité à contribuer à atteindre les objectifs de l’équipe. En d’autres termes, le travail joue un rôle important pour sortir de l’état de « patient », imposé, par la force des choses, par la maladie. Le retour au travail constitue dès lors un aspect non négligeable du processus de guérison.

Faire bon usage de la réintégration

Bien que la reprise du travail ait un effet positif sur le rétablissement et l’amélioration de la qualité de vie de la plupart des malades de longue durée, certaines conditions se posent à cet égard. La vulnérabilité physique et mentale qui résulte du traitement ne doit pas être sous-estimée. Certaines personnes se sentent en effet physiquement ou mentalement affaiblies par leur maladie. Elles craignent que la reprise de leur ancienne fonction ne se passe pas de manière aisée. Il est dès lors souvent indiqué d’organiser leur retour de manière progressive et de leur prévoir un accompagnement.

L’angoisse et l’incertitude ressenties non seulement par le patient, mais aussi par les prestataires de soins, les collègues et les supérieurs hiérarchiques ne doivent pas empêcher la mise en place d’une réintégration. En fin de compte, la longue absence pose davantage problème que les problèmes médicaux initiaux. La récente adaptation de la législation permettra peut-être de faire évoluer la situation. La coordination des initiatives de réintégration par un médecin du travail peut également favoriser les contacts entre le travailleur et l’employeur. Dès lors, le contenu de la fonction, le rythme de travail et l’aménagement du poste de travail peuvent être pensés de manière à faciliter un retour au travail « thérapeutique » et durable.

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