Fil d'Ariane
Étude d’IDEWE : plus d’un travailleur sur trois subit une pression au travail élevée
La période des vacances touche à sa fin, et bientôt, pratiquement tout le monde aura repris le travail. Pour plus d’un travailleur sur trois (36 %), cela signifie également un retour à la pression élevée qu’ils subissent dans leur travail. Par ailleurs, 33 % se sentent épuisés mentalement par leur travail et 30 % souffrent régulièrement de stress. C’est ce qui ressort d’une enquête menée auprès de plus de 70 000 travailleurs en Belgique par IDEWE, le plus grand service externe pour la prévention et la protection au travail*. À l’approche des mois d’automne, particulièrement chargés, le CEO Lode Godderis souhaite dissiper l’idée reçue selon laquelle une « pression au travail élevée » équivaut uniquement à « avoir beaucoup de travail », et il partage des conseils sur ce que vous pouvez faire, en tant qu’employeur ou travailleur, pour maîtriser la pression au travail.
- 33 % se sentent épuisés mentalement, 30 % souffrent régulièrement de stress
- Le secteur de l’enseignement, un exemple parfait d’engagement fort et de sens des responsabilités
- « La pression au travail n’est pas seulement déterminée par la quantité de travail, mais aussi par les attentes, les responsabilités et la capacité des travailleurs à prendre du recul. » - Lode Godderis partage des conseils destinés aux employeurs et aux travailleurs pour y faire face
« Avoir beaucoup de travail n’est qu’un aspect du problème », explique Lode Godderis, CEO d’IDEWE et professeur de médecine du travail à la KU Leuven. « La pression au travail et le stress surviennent également lorsque les attentes et les responsabilités ne sont pas clairement définies ou lorsque les travailleurs ont le sentiment de devoir être disponibles en permanence. C’est pourquoi il est extrêmement important de définir clairement les priorités, les attentes et de garantir un soutien suffisant. Non seulement pour bien récupérer pendant les périodes de repos, mais aussi pour rester en bonne santé et maintenir une employabilité durable à long terme, indépendamment des périodes de vacances. »
Lode Godderis cite également l’enseignement comme un exemple typique de secteur où les travailleurs sont souvent très impliqués et font preuve d’un grand sens des responsabilités. « Ce sont justement ces travailleurs très engagés que l’organisation doit aider à respecter les limites. Ceux qui accordent de l’importance à leur travail emportent parfois cette responsabilité avec eux, même mentalement, lorsqu’ils rentrent chez eux. On ne peut pas tout faire en même temps, et toutes les responsabilités ne doivent pas nécessairement incomber au travailleur. »
Seuls 29 % des travailleurs estiment avoir suffisamment d’influence sur les décisions
De nombreux travailleurs bénéficient déjà d’une clarté et d’une autonomie suffisantes dans le cadre de leur travail : 79 % savent ce que l’on attend d’eux et 60 % disposent d’une autonomie des tâches suffisante (ils peuvent planifier et effectuer leur travail de la manière qui leur semble la plus efficace). À un niveau plus large, au sein de l’équipe et de l’organisation, il reste toutefois une marge d’amélioration. Ainsi, seuls 29 % des travailleurs estiment avoir suffisamment d’influence sur les décisions de leur supérieur hiérarchique direct, à peine la moitié (52 %) se sentent bien informés sur les questions importantes au sein de l’organisation et seuls 31 % estiment que leur supérieur hiérarchique traite rapidement les problèmes liés au bien-être psychosocial et implique les travailleurs dans les améliorations.
« Si les travailleurs ont le sentiment de ne pas avoir leur mot à dire au niveau de l’équipe ou de l’organisation, ou s’ils ont l’impression que les signaux relatifs au bien-être ne sont pas suffisamment pris en compte, la charge mentale peut rapidement s’alourdir. L’autonomie et la clarté dans le cadre de son job sont importantes, mais les travailleurs doivent également avoir le sentiment qu’ils ne sont pas livrés à eux-mêmes et qu’on les écoute », poursuit Lode Godderis.
Conseils à l’intention des employeurs, supérieurs hiérarchiques et travailleurs
Selon Lode Godderis, un retour en bonne santé après les vacances (qui est la clé pour garder une employabilité durable à long terme) ne se résume donc pas à une simple reprise en douceur. La reprise est un moment propice pour faire le point au sein des équipes sur la pression au travail et, si nécessaire, pour adapter les accords. De petits changements réalisables peuvent déjà faire la différence :
Pour les travailleurs
- Redéfinissez clairement vos priorités : à votre retour, n’essayez pas de tout rattraper d’un seul coup. Déterminez quelles tâches doivent être effectuées en priorité et lesquelles peuvent attendre. Conseil supplémentaire : laissez votre « out-of-office » activé encore un jour, afin d’avoir le temps de vous remettre tranquillement dans le rythme.
- Exprimez les difficultés que vous rencontrez : une autonomie suffisante ne signifie pas que vous devez tout résoudre par vous-même. N’hésitez pas à aborder les questions relatives à la pression au travail, aux attentes peu claires ou à d’autres difficultés, et précisez le soutien dont vous avez besoin pour bien faire votre travail.
- Veillez également, en dehors des périodes de vacances, à préserver une certaine distance mentale par rapport au travail : n’attendez pas vos prochaines vacances pour prendre du recul. Essayez également, pendant les jours ouvrables habituels, de déconnecter consciemment et d’éviter que le travail ne vous occupe constamment l’esprit.
- Apprenez à identifier vos points faibles : l’engagement et l’implication sont de grands atouts, mais peuvent en même temps rendre plus difficile le respect de vos limites. Si vous remarquez que vous avez du mal à vous détacher de votre travail, abordez la question à temps avec votre supérieur hiérarchique.
Pour les employeurs et les supérieurs hiérarchiques
- Faites de la reprise un véritable moment d’échange : ne vous contentez pas de demander comment se sont passées les vacances, mais demandez également aux travailleurs comment ils perçoivent leur travail à leur retour. Qu’est-ce qui fonctionne bien ? Où ressentent-ils de la pression ? Qu’est-ce qui leur donne de l’énergie et où rencontrent-ils des difficultés ? Utilisez ces informations pour ajuster, si nécessaire, les priorités ou les attentes.
- Offrez des possibilités de participation : la possibilité d’organiser son propre travail est importante, mais les travailleurs souhaitent également être entendus sur les décisions qui ont une incidence sur leur travail. Impliquez-les donc autant que possible et expliquez clairement à quoi servent leurs contributions.
- Précisez clairement les responsabilités et les modalités de disponibilité : les collaborateurs doivent savoir de quoi ils sont responsables, mais aussi où s’arrêtent ces responsabilités. Des accords clairs permettent d’éviter que les travailleurs aient le sentiment de devoir être disponibles en permanence.
- Instaurez une culture de travail saine : une culture du bien-être saine et ouverte ne se limite pas à inviter les travailleurs à signaler leurs problèmes et à aborder les sujets qui les préoccupent. Montrez également ce que vous en faites et informez-les des mesures prises.
* Les données sont basées sur les résultats des enquêtes menées par IDEWE en 2025 auprès des travailleurs dans le cadre du bien-être psychosocial (ARPSi – analyse de risques aspects psychosociaux), auxquelles 73 585 répondants ont participé.
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