Enquête menée par IDEWE à l’occasion de la #semainecontreleharcelement : 4 travailleurs sur 10 sont victimes de harcèlement moral au travail

21/09/2026

Quand on parle de harcèlement moral, on pense souvent à des comportements visibles, tels que l’intimidation et les actes abusifs. Pourtant, le harcèlement peut aussi prendre des formes plus difficiles à déceler : commérages, rétention d’informations ou autres comportements d’exclusion. Une étude* menée par IDEWE, le plus grand service externe pour la prévention et la protection au travail, révèle que pas moins de 4 travailleurs sur 10 en Belgique sont confrontés à ce type de harcèlement moins visible. À l’occasion de la semaine contre le harcèlement, IDEWE aide les employeurs à identifier plus rapidement les premiers signes et à les gérer.

  • Les chiffres relatifs au harcèlement moral en Belgique sont restés relativement stables depuis 2020 – une baisse semble encore lointaine
  • Les jeunes, les hommes et les travailleurs du secteur de l’horeca sont les plus touchés par le harcèlement moral
  • IDEWE partage quelques conseils pour lutter contre le harcèlement moral moins visible

Les chiffres montrent que la sensibilisation reste essentielle : de nombreux travailleurs sont confrontés, au moins occasionnellement, à des formes subtiles de harcèlement. Ainsi, 41 % des travailleurs déclarent être confrontés à des commérages, tandis que 40 % font face à une rétention d’informations. « Ces comportements constituent des formes plus discrètes de harcèlement moral, ce qui pourrait expliquer qu’ils soient plus fréquents que des comportements plus visibles. Par exemple, 17 % des travailleurs déclarent être exclus d’activités de groupe, 13 % être confrontés à des insultes ou à des blagues de mauvais goût, et 11 % à de mauvaises surprises », explique Lode Godderis, CEO d’IDEWE et professeur de médecine du travail à la KU Leuven.

Force est de constater que la situation ne s’est guère améliorée ces dernières années. Entre 2020 et 2025, la proportion de travailleurs victimes de harcèlement moral oscille entre 11 % et 10 %. Ces chiffres indiquent que le harcèlement au travail reste un défi structurel pour les organisations.

Parlez ouvertement du harcèlement moral subtil et agissez à temps 

La fréquence élevée de ces comportements et la difficulté à les repérer en font un risque important pour la sécurité psychologique au travail. Ils méritent donc autant d’attention que les formes plus classiques de harcèlement moral. Par ailleurs, le harcèlement apparaît rarement du jour au lendemain. Il s’installe souvent progressivement : de petites remarques, des plaisanteries ou des comportements discrets peuvent peu à peu se banaliser et finir par se transformer en harcèlement moral. C’est pourquoi il est essentiel d’agir à un stade précoce. « Ne pas intervenir n’est pas une attitude neutre. Pour l’auteur des comportements, le silence peut être interprété comme une forme d’acceptation. Pour la personne qui les subit, il peut au contraire être vécu comme un manque de protection. »

« Il est donc important que l’organisation mette en place une politique de bien-être qui favorise une culture de dialogue ouvert. « Cela signifie un environnement dans lequel les travailleurs osent également signaler les signes plus subtils », explique Lode Godderis. « Les supérieurs hiérarchiques ont un rôle essentiel à jouer à cet égard. En instaurant régulièrement le dialogue et en laissant aux membres de l’équipe la possibilité d’exprimer leurs préoccupations, ils réduisent au maximum les réticences à aborder les difficultés. »

Une communication respectueuse et bienveillante, ainsi que des contacts réguliers entre collègues, contribuent également à la création d’un environnement de travail sûr. Lode Godderis : « Les travailleurs doivent, par exemple, savoir clairement que le harcèlement n’y a pas sa place, et qu’ils peuvent signaler sans crainte tout comportement inapproprié, non seulement à leur égard, mais aussi à l’égard de leurs collègues. C’est pourquoi il est essentiel qu’ils sachent surtout à qui s’adresser, par exemple auprès du conseiller en prévention. En tant qu’employeur, vous pouvez ainsi favoriser les signalements. »

Les jeunes et les hommes sont légèrement plus souvent victimes de harcèlement moral

Les chiffres montrent que le harcèlement moral semble toucher un peu plus les jeunes (11 %) que les catégories d’âge plus élevées (9 %). « Leur position moins élevée, leur manque d’expérience et leur grande dépendance vis-à-vis de leurs collègues et de leurs supérieurs hiérarchiques peuvent les rendre plus vulnérables face à des collègues plus expérimentés. » La différence est encore plus marquée entre les hommes et les femmes : 11 % des hommes déclarent être victimes de harcèlement moral, contre 7 % des femmes.

Des différences apparaissent également selon les secteurs. Le secteur de l’horeca affiche la proportion la plus élevée, avec 19 % des travailleurs concernés, suivi du secteur des transports (16 %) et de la construction (13 %). À l’inverse, la proportion est plus faible dans le secteur de l’enseignement et des soins de santé (8 %).

Des signes subtils à une intervention rapide : cinq conseils concrets 

Les employeurs et les supérieurs hiérarchiques jouent un rôle clé pour faciliter le signalement des formes subtiles de harcèlement moral et encourager le dialogue à ce sujet :

  • Renseignez-vous sur ce qui se passe au sein de l’équipe : n’attendez pas que les collaborateurs soulèvent eux-mêmes un problème, mais intégrez régulièrement la question de la sécurité psychologique dans vos discussions avec l’équipe.

  • Soyez attentif aux comportements qui se répètent : pris isolément, un commérage ou une invitation non reçue n’est pas significatif, mais peut marquer le début d’une mise à l’écart plus subtile de la part d’un collègue. Il est donc important d’y prêter attention immédiatement. N’attendez pas que la situation se répète pour aborder le sujet de manière informelle.

  • Soyez attentif à la dynamique d’équipe : repérez les collaborateurs qui ont moins souvent l’occasion de s’exprimer, qui sont systématiquement tenus à l’écart des moments informels ou qui restent plus en retrait lors des discussions de groupe.

  • Rendez les procédures de signalement claires et accessibles : assurez-vous que chacun sache à qui s’adresser et rappelez-leur qu’ils peuvent signaler des faits concernant un collègue.

  • Intégrez les formes subtiles de harcèlement moral dans la politique de bien-être générale : accordez une attention particulière aux comportements moins visibles, tant dans les accords et les actions de sensibilisation que dans les échanges consacrés au bien-être psychosocial.
     

* Les données sont basées sur les résultats des enquêtes menées par IDEWE entre 2020 et 2025 auprès des travailleurs dans le cadre du bien-être psychosocial (ARPSi – analyse de risques aspects psychosociaux), auxquelles 228 892 personnes ont participé.       

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